L'éthylomogie étymologie indiquée pour notre 'sac' n'est généralement pas la même que celle du 'sac', ce contenant dans lequel on peut caser diverses choses comme du sable, du courrier, du charbon ou des pommes de terre, par exemple. Et pourtant, il y a bien un lien, même s'il est lointain.
En effet, en remontant au moyen allemand avant le XIVe siècle, on trouve le mot 'sakman', littérallemand "l'homme au sac", qui désigne un brigand ou un pillard, donc un homme qui met et emporte son butin dans un sac (ça y est, le lien est établi !). Récupéré par l'italien, il devient 'saccomanno', avec la même signification, et dont l'abréviation 'sacco', utilisée entre autres dans "mettere a sacco" ("mettre à sac"), va donner notre 'sac', qui signifie 'pillage', au XVe siècle.
On ne n'étonnera donc pas de l'origine identique du verbe 'saccager', un presque synonyme de notre mettre à sac, locution qui apparaît au XVIe siècle.
« La foule s'en prit au magasin, éventra la caisse et mit à sac les étalages. » Claude Courchay - La vie finira bien par commencer - 1972
Subir un échec
Plus précisément, pour un dragueur, se faire éconduire
On trouve deux origines à cette expression qui date des années 1990. Mais elles peuvent parfaitement être complémentaires.
La première est une métaphore sur l'image burlesque de celui qui, dans un jardin, marche sur le peigne d'un râteau, ce qui le soulève et amène malencontreusement le manche de l'outil à lui frapper la figure (cela dit, si vous-même rencontrez fortuitement un râteau posé au sol, il y a plutôt de fortes chances pour le râteau ne bouge pas et que ses dents traversent la semelle de votre chaussure et, au moins partiellement, votre pied).
Cette situation à la fois ridicule et douloureuse symboliserait donc ce que vous ressentez lors d'un échec brutal (lorsque, par exemple, voulant frimer devant votre dulcinée, vous vous explosez les coucougnettes sur la barrière au-dessus de laquelle vous pensiez aisément sauter).
La deuxième vient simplement de l'influence du verbe rater, aisément substantivé en râteau par plaisanterie.
Mais bien plus que pour un échec quelconque, l'expression est la plupart du temps utilisée lorsque quelqu'un, abordant une autre personne qui lui plaît, avec quelques idées bien précises derrière la tête, se voit signifier un refus bien net.
Une variante existe aussi avec le verbe (se) manger, peut-être parce qu'un véritable râteau, même bouilli et servi avec de la sauce à la menthe, est à peu près aussi indigeste qu'un échec.
« Arrête de pleurer, d'avoir le bourdon, de voir la vie en noir. Je suis là. Arrête de penser aux deux connes que d'ailleurs je ne nommerai pas car tu les connais. D'accord, tu t'es pris un râteau, mais bon, MOI AUSSI. »
Julie David - Ça bouillonne dans ma tête - 1995
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Les techniques chirurgicales n'étant pas très évoluées à l'époque où le Saint-Esprit a officiellement fait son apparition, on peut éliminer l'idée que l'opération du Saint-Esprit ait pu être une ablation de la vésicule biliaire ou bien une appendicectomie.
D'ailleurs, l'opération qui nous intéresse ici n'est ni arithmétique, ni chirurgicale.
Il faut en effet se souvenir que, 9 mois avant le 24 décembre de l'an 1 avant J.C., une certaine Marie, qui avait toutefois été prévenue de ce qui l'attendait par l'ange Gabriel, tomba enceinte alors que, au grand jamais, elle n'avait fauté, ne vivant pas encore avec son Joseph.
L'explication limpide nous vient de l'apôtre Matthieu qui écrivit plus tard : « Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, sa mère, était accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la diffamer publiquement, résolut de la répudier secrètement. Il avait formé ce projet, et voici que l'Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint, et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés" »
Notre expression, apparue au début du XVIe siècle, est une formule du catéchisme qui est associée à la naissance miraculeuse de Jésus.
Mais une telle 'mésaventure' (pour un mari) arrivant régulièrement à d'autres hommes (l'obligation de virginité de leur épouse n'étant pas prise en compte), la locution a été fréquemment et ironiquement utilisée pour expliquer la naissance d'un enfant dont le père n'était pas connu ou qu'on ne voulait pas connaître.
Par extension, et à partir du XIXe siècle, toute opération dont on ne connaît pas ou on fait semblant de ne pas connaître l'origine, donc toute opération mystérieuse ou éventuellement douteuse, peut avoir été faite par l'opération du Saint-Esprit.
« Tout d'abord, l'opération des quatre cents [détenus qui ont demandé le même jour leur libération] : on a l'impression que ce n'est pas venu par l'opération du Saint-Esprit et qu'il y a quelque chose de concerté là-dedans. »
Bruno Masure - TF1 - Journal télévisé du 30 mars 1990